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Note de recherche

Frontières franco-italiennes: Criminalisation des femmes en mobilité, Pinar Selek*

"Depuis 2015, date de la politique européenne de la fermeture des frontières, la mobilité des populations pauvres, a gagné une visibilité à travers la criminalisation. Cette politique a servi à augmenter le nombre des personnes clandestines dans les territoires de l’UE, sans pour autant diminuer le flux migratoire. A émergé ainsi la « crise migratoire », dans les discours des pouvoirs politiques et médiatiques européens. Mettant en place les mêmes mesures sécuritaires, la France est aussi frappée par cette « crise », c’est-à-dire par l’augmentation du nombre des clandestins étrangers sur son territoire. Nous parlons au masculin, car dans la presse, dans les déclarations des pouvoirs publics, en général, le « neutre » au masculin est considéré suffisamment légitime pour représenter tous les migrants. La question de représentation est liée aux rapports de pouvoir, les femmes en mobilité sont donc invisibles : leurs expériences, leurs trajectoires, leurs besoins, leurs revendications n’apparaissent pas dans le débat public. 

Si leur dispersion rend plus difficile la comptabilité, nous savons à travers multiples travaux que la migration féminine qui découle également des violences sexistes, n’est ni récente, ni marginale : les femmes étaient proches de la parité au début du XXe siècle (47 % en 1911) et au tournant du XXIe siècle, elles deviennent majoritaires (51 % en 2008 et en 2016). Malgré leur proportion, elles sont invisibles. (...)" 

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*Pinar Selek, MC associée, Université de Nice Sophia-Antipolis, URMIS, Observatoire des Migrations

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