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La crise de la zone euro est-elle derrière nous? Laurent Baechler*

 

"La crise de la zone euro est derrière nous, c’est ce que médias et décideurs de tout bord répètent à l’envi depuis plusieurs mois, voire même plusieurs années, voyant s’éloigner le spectre de l’implosion de ce pilier de la construction européenne qu’aurait provoquée une sortie d’un pays membre, la Grèce en tête. Il n’est effectivement plus question de Grexit ou d’effet domino des crises de dette souveraine entre les pays utilisant la monnaie unique, mais encore faut-il s’entendre sur ce que l’on veut signifier en soulignant que cette crise est passée. Si l’on veut parler des conséquences et des symptômes principaux de cette crise apparue au printemps 2010, il est vrai qu’ils ont pour l’essentiel été jugulés et ne menacent plus immédiatement la survie de la monnaie unique. S’il est question des causes profondes de cette crise, alors presque toutes les conditions qui l’ont provoquée sont encore réunies pour qu’une crise comparable puisse se concrétiser dans un avenir plus ou moins proche, malgré les nombreuses réformes mises en oeuvre en réaction à cette dernière crise. Ce papier propose un bilan de l’ensemble de ces points.

Les symptômes les plus marquants de la crise de la zone euro sont effectivement derrière nous. Pour résumer une situation extrêmement complexe, on peut dire que les marchés internationaux ne trouvent plus de raison de spéculer contre la capacité de tel ou tel membre à rester dans la zone euro. Lorsque ces marchés spéculent contre une devise, celle-ci perd de
sa valeur contre d’autres devises plus fortes. En monnaie unique cette possibilité disparaît et le poids de la spéculation se répercute alors sur le niveau des taux d’intérêt de la dette publique que doivent payer les gouvernements des pays concernés. On parle alors de «spread » de taux d’intérêt, la différence entre le taux du pays en question (pour les emprunts d’Etat à 10 ans, le plus significatif) et le taux le plus faible dans la zone, pour le pays inspirant la plus grande confiance, en l’occurrence l’Allemagne. Au pic de la crise de la zone euro, début 2012, ce spread (une prime de risque en fait) était de près de 35 points de pourcentage pour la Grèce, un niveau jamais atteint par le passé1, signifiant simplement que le gouvernement grec était exclu des marchés d’emprunt internationaux pour longtemps. Pour le Portugal cet indicateur était de l’ordre de 13 points, alors qu’il avait déjà diminué à près de 5-6 points pour l’Espagne et l’Italie. Les niveaux actuels2 sont d’environ 4 points pour la Grèce, 2 pour l’Italie (après une remontée récente due à la situation politique tourmentée), 1,5 pour le Portugal et 1 point pour l’Espagne. En gros non seulement les marchés ne croient plus à une implosion de la zone euro (et ce principalement depuis la fameuse annonce faite par Mario Draghi en juillet 2012 selon laquelle la Banque Centrale Européenne (BCE) ferait « tout ce qu’il faut » pour préserver l’euro), mais ils sont confiants que les pays membres sont en mesure de rembourser leurs dettes dans de bonnes conditions. Le gouvernement grec, dernier à avoir fait son retour sur les marchés d’emprunt à long terme en avril 2014, peut désormais espérer être en mesure un jour de gérer sa dette sans l’aide de ses voisins. (...)"

Accès à la note de recherche complète ici.

*Laurent Baechler est directeur de la filière globale du DHEEI et rédacteur en chef de "L'Europe en formation".

 

Baechler Laurent Economie CIFE Paris Istanbul

 

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