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Décès de Marc Heim

Notre ami Marc Heim nous a quittés. Ainsi disparaît un fédéraliste authentique et de conviction. C’est en Vallée d’Aoste, en 1964, qu’il était tombé dans le chaudron de la potion fédéraliste qui bouillonnait au feu des enseignements d’Alexandre Marc, de Guy Héraud, de Michel Mouskhély, et autres prédicateurs de cette doctrine prophétique qui renversait les idées reçues et offrait une vision radicalement nouvelle de la société européenne. Jeune économiste, il avait été instantanément séduit par la pensée économique du fédéralisme, qui s’opposait aussi bien à la doxa marxiste en vogue à l’époque, qu’aux recettes d’un capitalisme conquérant, mais déshumanisé. Dès lors, c’est à l’approfondissement des institutions majeures de ce corpus doctrinal qu’il allait consacrer l’essentiel de sa recherche, parallèlement aux fonctions d’enseignant auxquelles il fut bientôt nommé à l’université de Paris I. Il devint donc très vite un élément essentiel de l’équipe qu’Alexandre Marc avait constitué en retenant près de lui quelques-uns de ses meilleurs émules formés au fédéralisme, d’abord en Vallée d’Aoste, puis à l’Institut européen des hautes études internationales que le CIFE avait créé à Nice en 1965.

Dans ces hauts lieux des études européennes et fédéralistes, il était l’économiste qui démontait les rouages complexes de la planification décentralisée, de l’autogestion, du minimum social garanti devant des étudiants déroutés par cette approche révolutionnaire, mais passionnés par la nouveauté et la rigueur de ses analyses.

Après avoir été assistant à l’IEHEI où il enseigna régulièrement pendant plusieurs décennies, il dirigea pendant de nombreuses années les sessions du Collège fédéraliste de la Vallée d’Aoste, région à laquelle il était très attaché et où il comptait de nombreux amis. Outre ces fonctions enseignantes, il contribua à l’approfondissement de la doctrine économique du fédéralisme au travers de ses articles, notamment dans l’Europe en formation. On lui doit, notamment, de s’être consacré, sous les auspices du CIFE italien, à la réédition complète de la revue « L’Ordre nouveau ». Il la préfaça par une « Introduction au fédéralisme intégral », qui constitue la synthèse la plus claire et la plus éclairante de la doctrine qui inspire le CIFE depuis plus de soixante ans.

C’est un compagnon irremplaçable qui disparaît.


Claude Nigoul
 

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